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Comprendre le contexte actuel des taux d'intérêt par les deux bouts de la lorgnette

Compte tenu de l'amplitude et du rythme d'évolution des rendements des obligations d'État, les investisseurs doivent-ils réduire leur exposition aux taux?Pas nécessairement.

Depuis le début de l'année, le marché boursier américain a franchi de nouveaux sommets tout en enregistrant également une baisse de plus de 6 % en un seul mois. Ces fluctuations ont largement fait les manchettes des journaux, mais ne constitueront probablement pas le principal événement de l'année 2019. En effet, les rendements obligataires ont fortement chuté cette année. Après un sommet à 3,24 % début novembre 2018, le taux de l'obligation des États-Unis à 10 ans a abandonné plus de 100 points de base (pdb), notamment 38 pdb en mai, soit la plus forte baisse mensuelle depuis début 2015.

Tandis que les actions enregistraient des hausses et des baisses, les taux de rendement ont constamment fléchi.

Le ralentissement de la croissance mondiale, les incertitudes découlant des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine (et probablement une prise de conscience de la réelle nature du différend et de son risque de prolongation) ainsi que le revirement de plusieurs banques centrales, dont la Réserve fédérale des États-Unis, vers des politiques monétaires accommodantes ont contribué conjointement à un repli des rendements des obligations d'État à l'échelle mondiale. En réalité, les investisseurs se sont quasiment convaincus que la Fed procéderait à des baisses et ont en conséquence fait basculer les taux d'intérêt en deçà des seuils prévus par de nombreux experts.

Comment évolueront les taux d'intérêt à partir de maintenant? Replaçons-nous dans une perspective à long terme pour répondre à cette question.

À long terme

Nous entrevoyons toujours un contexte général de Nouvelle normalité/Nouveau neutre, marqué par une croissance relativement lente (en raison notamment du vieillissement de la population dans de nombreuses régions), d'une faiblesse persistante de l'inflation et de taux probablement peu élevés. Nous avons conclu notre Forum séculaire du mois de mai sur ces termes, après avoir établi nos perspectives des trois à cinq prochaines années.

Puisqu'une faible croissance s'impose, nous nous attendons à ce que les taux d'intérêt demeurent en fait relativement stables et n'atteignent en tout cas jamais des niveaux substantiellement élevés, quand bien même ils augmenteraient. Ce point de vue rejoint nos estimations de taux directeurs établies il y a déjà longtemps, lorsque nous avons défini un Nouveau neutre compris entre 2 % et 3 % (le point médian correspondant d'ailleurs actuellement aux prévisions de la Réserve fédérale).

En outre, nos perspectives séculaires comportent un épisode probable de récession au cours des trois à cinq prochaines années, donc sans caractère imminent. Les banques centrales ont d'ailleurs très clairement énoncé que dans ce contexte, les taux d'intérêt pourraient retomber à zéro très rapidement. L'appréciation du capital liée à une exposition taux d'intérêt représente donc un aspect auquel les investisseurs peuvent prêter attention actuellement, en particulier dans ce contexte de croissance faible et en décélération qui n'offre que très peu de marge de manœuvre en cas de choc.

À long terme, la sensibilité aux taux d'intérêt (ou durée) semble pertinente. Mais, est-ce vrai dès aujourd’hui?

À court terme

Une exposition à des taux d'intérêt inférieurs à 2 % ne paraît pas attrayante en l'absence d'une récession imminente, mais se justifie quand même par mesure de précaution et pour plusieurs raisons. Premièrement, le penchant de la Réserve fédérale vers des baisses préventives pourrait ramener les taux directeurs à un niveau aussi faible que 1,25 % à 1,50 % (si les anticipations des investisseurs s'avèrent exactes), auquel cas la rémunération offerte actuellement par une obligation à 10 ans paraît adéquate. Deuxièmement, le ralentissement de la croissance mondiale et la décélération à venir du cycle d'expansion aux États-Unis (en partie à cause de la dissipation des effets positifs des mesures de relance) nous rapprochent d'une situation au cours de laquelle les taux d'intérêt atteindraient des niveaux nuls ou négatifs, de surcroît avec les menaces qui pourraient peser lourdement sur l'économie (hausse complémentaire des tarifs douaniers, guerres commerciales, choc de croissance ou perte de confiance).

Ainsi, une exposition aux taux d'intérêt constituerait le meilleur rempart contre les risques boursiers ou de crédit susceptibles d’affecter les portefeuilles des investisseurs. Non seulement les taux d'intérêt aux États-Unis demeurent les plus élevés dont il est possible de tirer parti à l'échelle mondiale tout en améliorant sa diversification, mais ils comportent également la probabilité de baisse la plus substantielle si un risque de ralentissement se matérialisait. En cas de choc récessionniste de nature à précipiter les taux directeurs à zéro, les rendements à 10 ans aux États-Unis pourraient même atteindre de nouveaux creux et procurer aux investisseurs une appréciation du capital suffisante pour contrebalancer la détérioration de la conjoncture pour les actifs à risque.

L'auteur

Scott A. Mather

CIO des stratégies américaines Core

Anmol Sinha

Fixed Income Strategist

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