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Pleins feux sur les marchés émergents : un potentiel de croissance d'après‑pandémie

L'immunité collective qui s’est naturellement créée dans les pays émergents du fait de la jeunesse de leur population devrait compenser un rythme de vaccination plus lent et favoriser un regain de croissance économique.

Une démographie favorable et le lancement des campagnes de vaccination viendront normalement à bout de la COVID-19 dans de nombreux pays émergents qui en ont subi les ravages, ouvrant ainsi la voie à une accélération de la croissance économique au second semestre et à la fin progressive de cette tragédie humaine mondiale. Les nations émergentes ont en moyenne une population plus jeune et moins vulnérable à la pandémie, avec seulement 7,4 % des personnes ayant atteint ou dépassé l'âge de 65 ans, par rapport à 18,4 % dans les pays développés*. Dans bien des cas, les jeunes ont déjà été infectés en forte proportion (estimée à près de 50 % dans de nombreux pays d'Amérique latine) et permettent ainsi, dans l'attente d'un déploiement plus généralisé des vaccins, une immunité naturelle efficace qui limite le risque de contagion vers le segment plus vulnérable de la société.

Pleins feux sur les marchés émergents : un potentiel de croissance d'après-pandémie

Au rythme actuel, les campagnes de vaccination permettront d'atteindre une protection de 60 % de la population au troisième trimestre en Europe centrale et au Chili, puis au quatrième trimestre dans nombre d'autres pays émergents (Chine, Brésil, Mexique, Corée et Malaisie). Là où ce seuil de 60 % ne pourra pas être atteint avant le premier semestre de 2022, vraisemblablement en Turquie, en Afrique du Sud et dans la région andine d’Amérique latine, les taux élevés d'immunité naturelle constatés dans les franges les plus jeunes de la population devraient permettre d'échapper à de sévères et persistantes mesures de confinement. En additionnant les estimations d'immunité naturelle et les prévisions de vaccination, un seuil de protection d’au moins 70 % sera normalement atteint au quatrième trimestre de 2021 pour la vaste majorité des pays de notre univers de placement des marchés émergents.

Des facteurs externes devraient favoriser l'investissement dans les ME...

Alors que les pays développés généraliseront la réouverture des activités économiques, un ensemble de facteurs externes inattendus pourrait alimenter une reprise d'après-pandémie dans les marchés émergents. L'indice général des prix des matières premières du Commodity Research Bureau a renoué avec les niveaux de mi 2015, après un rebond annuel de 68 %, un catalyseur économique potentiel de premier plan pour de nombreuses économies émergentes fortement orientées sur l'exportation. En outre, les taux d'intérêt réels américains à court terme ont récemment chuté à des creux qui n'avaient pas été atteints depuis 50 ans, une situation qui bénéficiera vraisemblablement aux pays émergents vers lesquels devraient converger les flux de capitaux des investisseurs en quête de rendement.

... mais les économies qui dépendent du tourisme pourraient ne se redresser que plus tardivement

La reprise ne se déroulera pas dans tous les pays émergents au même rythme. Nous estimons effectivement que le secteur du tourisme se normalisera après tous les autres et demeurera un frein à la croissance pour un nombre non négligeable de pays, une anticipation qui semble largement se refléter sur les cours de certains marchés, comme ceux de la Thaïlande, de la Turquie et de la République dominicaine.

Les particularités régionales joueront en outre un rôle important. La Turquie, la République dominicaine et l'Europe centrale devraient effectivement bénéficier de leur proximité avec des économies développées à fort taux de vaccination, tandis que les pays d'Asie du Sud-Est risquent de se redresser plus lentement, car leur tourisme provient majoritairement de la Chine et du Japon, deux pays au sein desquels la campagne progresse moins vite.

L'actualité pourrait exagérer certains risques et ainsi créer des opportunités...

Comme toujours, nos prévisions comportent certaines incertitudes que notre équipe mondiale surveille étroitement. Il s'agit dans les faits des risques suivants, qui nous paraissent toutefois relativement temporaires et moins graves que la description faite par les médias.

  • La Chine met fin à ses mesures de soutien. En mettant en œuvre un strict confinement et de généreuses mesures de soutien du crédit, la Chine a normalisé la première sa croissance économique après l'irruption initiale de la pandémie, l'an dernier. Elle a depuis amorcé un retrait de ces mesures, malgré une progression lente de la vaccination dans le nord de l'Asie, exposant ainsi son économie à un risque accru si le nombre d’infections augmentait, particulièrement dans une région à la démographie moins favorable. Même dans cette éventualité, nous estimons que les pays concernés disposent d'une certaine marge de manœuvre budgétaire pour amortir de tels chocs.
  • Le retrait des mesures de soutien pourrait déclencher une instabilité sociale. La réouverture complète des activités économiques prendra plus de temps en Amérique latine et en Europe centrale que dans les autres pays émergents, malgré une immunité de groupe naturelle plus élevée qui compense la lenteur de la vaccination, mettant ainsi à mal les finances publiques. Dans ce contexte, le retrait des mesures de soutien donnera certainement matière à contestation, particulièrement dans les pays qui entreront bientôt en élections (notamment en Amérique latine en 2021-2022), et pourrait même provoquer des remous. Toutefois, les prix des actifs reflètent déjà ces types d'incertitudes, qui généralement culminent à l'approche de la date des élections, et créent ainsi potentiellement des opportunités attrayantes, puisque l'escompte attribuable au risque se dissipera rapidement après le vote.
  • La hausse de l'inflation globale risque de forcer une normalisation des politiques monétaires. La conjonction d'une reprise soutenue de la demande dans les marchés développés et de contraintes structurelles pesant sur l'offre de matières premières a provoqué une hausse inattendue et inégalée depuis 2008 de l'inflation globale dans la plupart des marchés émergents. L'intensité du choc a obligé les pays pratiquant les politiques monétaires les plus conciliantes, comme le Brésil, à amorcer une normalisation partielle. Néanmoins, la faiblesse de la demande intérieure, de forts écarts de production négatifs et la hausse du taux de change laissent fortement penser que cette flambée d'inflation ne durera pas. Nous estimons assurément que, de façon habituelle, les marchés locaux reflètent exagérément un relèvement des taux directeurs.

Enjeux au niveau des placements

La vigueur du cycle industriel et un sommet de 10 ans pour les prix des matières premières constituent, d'après nous, des facteurs dominants pour une forte reprise de la croissance dans les marchés émergents jusqu'à la fin de l'année. Cette accélération devrait alimenter une demande en devises locales, puis en obligations d'État. Les taux locaux sur les marchés émergents (c'est-à-dire les obligations libellées en devises locales) se trouvent dans une situation plus complexe, puisque les investisseurs demandent des rétributions réelles plus élevées pour compenser la hausse du niveau d'endettement et la persistance d'importants déficits budgétaires. Néanmoins, cette phase de rattrapage devrait encore permettre d'exploiter des placements à rendement élevé sur les marchés présentant les courbes les plus pentues, l'inflation atteignant un pic alors que les pressions entourant les déficits budgétaires devraient s'estomper à l'amorce du cycle haussier que nous anticipons.

Pour en savoir plus, veuillez consulter notre vidéo Créances des marchés émergents : excellent positionnement de PIMCO pour saisir les opportunités.

* Our World in Data

L'auteur

Gene Frieda

Stratégiste international

Pramol Dhawan

Gestionnaire de portefeuilles, Marchés émergents

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